Vanités

Publié le par CC

AVERTISSEMENT : Alors...Vanités, c'est mon plus grand bout d'écrits commencé mais jamais fini...Du grand n'importe quoi, avec des vrais morceaux de fruits dedans...Bonne lecture...ou pas !

                                                    « La vulgarité prise dans le ruisseau »

                                                                       Jules Barbeyd’Aurevilly.

CHAPITRE I

La mort m’a surprise. C’est quelque chose de banal. La mort surprend toujours. On ne peut guère s’y attendre, on ne peut pas lever le nez et dire « Attention ! Elle approche, vous l’entendez ? Dans quelques secondes, quinze, pour être plus précise, elle va me prendre ! Adieu ! »

D’ailleurs, s’en aller ainsi, d’un air badin, serein et presque joueur, manquerait considérablement de piquant.

Donc, moi, comme tout le monde, la mort m’a saisi quand je ne m’y attendais pas et même, cela vous semblera peut-être suspect, elle m’a prise lorsque je ne m’y attendais plus. Passé un certain âge, on se croit  indéboulonnable et j’avais passé cet âge là depuis pas mal de temps. La vie m’avait fait pas mal de frayeurs, elle ne m’avait pas épargnée, elle avait emporté autour de moi les plus solides et les plus chers. Je croyais vraiment que la mort m’avait oubliée là, comme on oublie parfois une valise sur un quai de gare… Mais les démineurs ne sont jamais loin pour réparer ce genre d’oublis…

Mes démineurs furent assez étranges. Ils étaient en moi depuis si longtemps que j’avais fini par les oublier eux-aussi !

Quelques vieux souvenirs, quelques vieilles histoires de vieilles personnes…

A l’époque de mes vingt ans je pensais bien plus à la mort que maintenant… C’est étonnant la vie : on dirait qu’elle s’efforce de n’être jamais synchrone avec les êtres. Quand on va bien les catastrophes s’enchaînent autour de vous, quand vous allez mal, vous avez pourtant tout pour être heureux…A vingt ans on rêve de toutes les audaces mais il nous manque toujours l’impertinence et quand on est vieux, que l’on oserait, on ne le peut plus, physiquement.

Moi, tout à la fin, je ne voulais plus rien, enfin. Rien ne pouvait plus m’arriver, car j’étais enfin seule au monde, sans la moindre personne pour qui pleurer. Le monde extérieur ne m’intéressait plus : je ne connaissais que trop toutes les horreurs dont les hommes étaient capables. J’aurais pu vivre mille ans encore dans une indifférence totale, ne me souciant que de la température précise de l’eau de mon bain ou de la belle qualité des pommes que je trouvais sur le marché où je me promenais, comme dans la vie, en épicurienne. La vie enrageait de ne plus pouvoir exercer sur moi son terrible sadisme. 

C’est alors qu’apparut dans mon existence tranquille, la mort, déguisée car elle est rusée, en souvenir.    

Je n’ai jamais été une enfant sûre d’elle : jamais je n’ai eu cette allure fière de certaines fillettes que l’on voit sur les films super huit de leur père, bombant le torse et jouant avec le chien, offrant à l’écran des regards fiers…J’ai toujours été en retrait de tout, timide, disait-on ; je dirais plutôt ailleurs. L’agitation m’a toujours fatiguée. Les autres enfants m’ennuyaient et d’ailleurs je les ennuyais aussi : quand je voulais me mêler à eux, nos occupations n’étaient pas les mêmes et nous ne nous comprenions pas. Le jeu que je préférais, c’était « dormir ». Les autres trouvaient cela fatiguant. Moi j’en profitais pour n’avoir rien à dire, rien à faire. Le corps est si limité par rapport à l’infini des possibilités offertes par l’esprit : je ferme les yeux et je suis à l’autre bout du monde, je vole et je fais voler les gens, je fais du patin à glace, bien mieux que Soria Bonali, mes costumes sont bien plus féeriques encore que les siens et puis quand je me lasse de virevolter sur la glace, je vais au sommet de l’Himalaya, sur une plage de sable blanc ou encore je suis une star de la chanson…  

Cette époque, c’était le paradis, et en matière de paradis je sais de quoi je parle. J’y suis. Car n’oubliez pas, chère lectrice, cher liseur, que je suis morte. Ce manuscrit est un témoignage posthume. La vie vue de la mort. Le point de vue, croyez-moi, est tout différent de ce que vous pouvez imaginer, d’en bas.

On voit tout en perspective. C’est comme un roman que l’on peut relire plusieurs fois. Je relis toujours les mêmes passages. Le paradis de l’enfance, les premiers émois amoureux, quand on croit que l’on aimera pour toute sa vie et la tranquillité de la fin, quand on attend la mort, sans croire à sa venue. 

CC
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CC 16/04/2007 12:23

Mais j'ai continué : j'en suis au chapitre CHAPITRE XXVII et à 36 pages word...Et j'ai publié ça sur BL...mais personne, personne, vraiment personne...n'a lu...
:) les joies d'Internet !!!
Bises Fil !

Fil 16/04/2007 12:05

Mais euh..  Pourquoi t'as pas continué?
C'est trés trés bien...

CC 16/04/2007 10:50

Merci, French' !
J'avais déjà publié ça sur BL mais personne n'avait lu...Ici, peut-être...
Bisous

Frenchmat 16/04/2007 10:43

Waw,intéressant et très bien écrit  ;-)Bise.