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Nouvelle(s) nouvelle(s)

Jeudi 22 novembre 2007

J'aimerais tellement pouvoir être plus ouverte. Je suis une nana complément coincée à cause d'une éducation judéo-chrétienne à la con. Je n'arrive même pas à pleurer, même quand je suis toute seule dans le noir.

Je suis coincée. C'est le drame de ma vie.

Je n'exprime les choses qu'à demi mots choisis. Je tourne ma langue dans ma bouche 120 fois avant de me taire et de le regretter à jamais. De toute façon, si j'avais parlé, j'aurais eu l'air conne, parce que je serais arrivée trop tard. Après la bataille, quand tout le monde est passé à un autre sujet, quand l'émotion n'y est plus.

Des fois, aussi, je me lance et plaf ! À côté de la plaque. Les pieds dans le plat, et c'est pire que tout. Envie de me tirer des balles quand c'est comme ça.

L'autre jour par exemple, j'ai failli dire à mon patron que j'aimais bien la façon dont il gérait les choses, enfin bref, ça partait d'un bon sentiment, c'était comme ça sur le vif, je le pensais, sincèrement, c'était vraiment spontané. Et puis je me suis dit, en un quart de seconde, en moins de temps qu'il le faut pour se la fermer, que ça allait faire lèche-cul. Ouais, j'étais toute seule dans son bureau, je ne risquais rien, personne n'allait me le reprocher et le chef allait plutôt apprécier. Ouais. Sauf que ça je me le dis maintenant et que le moment est passé. Depuis, on est en plein malentendu avec mon patron : il a mal interprété mon silence et je n'ai pas su rattraper le coup. De toute façon, si longtemps après, ça passerait pour de la flagornerie.

Ce n'est qu'un exemple. Parce que toute ma vie est comme ça. Une catastrophe sur toute la ligne.

J'irais bien voir un psy, mais franchement, ça m'aiderait pas à vivre l'instant.

Dans le fond, je suis trop émotive : je sais que si je me mets à pleurer, même pour une série conne à la télé, même toute seule, dans le noir, après, ce sera les chutes du Niagara. Plus possible de s'arrêter.

À suivre...(si vous le voulez bien...)


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Vendredi 23 novembre 2007

Elle lâcha son journal intime quelques instants pour regarder par la fenêtre. Elle y avait couché ses longues plaintes répétitives pendant de longues années. Les relire maintenant, à son âge, ça lui semblait ridicule. Elle avait quatre-vingt trois ans. Elle se sentait fatiguée, mais dans le fond, elle n’avait pas beaucoup plus que vingt-trois ans. Elle était encore cette jeune fille tellement fragile et si peu confiante, même si tout avait changé, même si tant et tant d’événements, tant et tant de drames étaient venus lui forger un caractère.

Une vie…

Elle était devenue une femme forte, une femme de caractère, même, à la force des choses. Elle avait laissé de côté ses sentiments, mais non plus par faiblesse, seulement par instinct de survie.

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Dimanche 25 novembre 2007

La survie est passée d’abord par les études puis par le travail. Il a fallu devenir indépendante très vite. Se libérer des mercis qu’il fallait sans cesse dire à la famille. Elle est entrée dans une grande et belle administration française pour en sortir 40 ans plus tard : les impôts. Elle avait fait des études solides, elle entra à une bonne place et était promise à un avenir convenable.

Elle devint vite chef de service, avec plusieurs personnes sous ses ordres. Comme dans la plupart des cas, il n’y avait que des employées de bureau. Très peu d’hommes, certes, mais toujours mieux payés que les femmes, toujours à des postes plus intéressants. Elle dut jouer des coudes, mais elle monta assez vite en grade, pour une raison simple : le sacrifice de sa vie personnelle. Pas de mari, pas d’enfant. Une assurance pour les patrons.

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Lundi 26 novembre 2007

Sa vie était en friche.

« Je ne suis rien. Je ne vis rien. Je ne fais que féliciter mes collègues enceintes, qu’offrir des grenouillères débiles à des bébés immondes que leurs mères trouvent les plus beaux du monde. Je m’en fous. Je ne veux pas de mioches ; d’ailleurs, je hais les gamins. Sans compter qu’il faudrait trouver le père. Je suis moche, je suis grosse, je suis une inadaptée sociale. »

Pas brillant, son journal intime de l’époque. Carrément désespéré.

En fait, elle était le genre de femme dominatrice, un peu masculine et toujours pince sans rire qui donne des ordres et qui ne laisse filtrer qu’un immense mystère sur sa vie. Une grande froideur, une élégance irréprochable mais aussi une raideur qui effrayait les hommes.

Ou alors qui les fascinait…

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Mardi 27 novembre 2007

La fascination est peut-être quelque chose de malsain. C’est parfois comme ça que commence l’amour. Elle fascinait quelqu’un qui restait dans l’ombre.

Tout changea quand cette personne décida de sortir de l’ombre…

Là encore, il lui a fallu être forte. Quand on a trente-cinq ans et qu’on s’est forgé la réputation d’une célibataire endurcie, quand on paraît plus que son âge, quand on a été habitué à aller seule aux fêtes de famille, quand on s’est forgé des rituels de vie, bref, quand on est une vieille fille, l’intrusion de l’amour chamboule tout.

La publicité, les médias, tout nous pousse à croire que c’est formidable, pourtant. Mais c’est aussi le début des problèmes.

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Mercredi 28 novembre 2007

« Tout a commencé par un mail. L’adresse est bidon : c’est pas une adresse du boulot. Une adresse hotmail, avec un pseudo débile : bisounours1920. Le contenu du mail, c’est un galimatias romantico-plagié. Du « Vers de terre amoureux d’une étoile » jusqu’au « je vous aime depuis toujours et pour toujours », tout y est. Et dire que je ne sais même pas qui a pu écrire ça. C’est incroyable. A vrai dire je ne suis pas rassurée. C’est sûrement un malade qui m’espionne, un truc comme ça…Je ne dors pas bien, je vérifie ma porte dix fois chaque soir…ça va me rendre folle »

Elle ne croyait pas si bien dire…

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Mardi 4 décembre 2007

Elle tenta d’oublier le mail, mais il en vint d’autres. Et de plus en plus salés. Elle ne répondit pas, d’abord et puis fut intriguée, intéressée et finalement, très excitée à l’idée de rencontrer ce beau parleur…

La vie lui sembla moins morose, elle attendit avec impatience son message qui fut bientôt quotidien. Elle répondait simplement : des petites cartes virtuelles, aigres, d’abord, puis aigres-douces puis douces…Très douces.

Au travail, elle s’était d’ailleurs adoucie. Elle prenait le café de plus en plus souvent avec ses collègues, affichait un sourire resplendissant dès le matin, plaisantait…Bref, tout le monde se doutait qu’elle était amoureuse.

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Dimanche 3 février 2008
Le concours, c'est par là : chez FéeMinine.

Et la nouvelle, ben c'est là !!!

Nu.


Deux lettres pour tout dire. Se mettre à nu. Se livrer.

 

Pour tout dire, elle n’est pas du genre à parler d’elle. Aussi bizarre que cela puisse paraître, elle n'aime pas déballer sa vie.

Et contrairement, elle est épatée par ceux qui arrivent à dire ce qu'ils ont sur le coeur comme ça, à parler de leurs problèmes de couple à des collègues...

Dans le fond, ce n’est pas parce qu’elle est lesbienne. Il est vrai que ça ajoute une barrière. Mais elle souffre surtout de sa putain d'éducation judéo chrétienne.  Parler de soi, c'est une sorte de mise en avant insupportable, une prétention, un orgueil mal placé...

Dire "je" ou "moi", c'est impossible...C'est mal poli...C'est péché.

Se mettre nue ? C’est encore autre chose. Dans les douches du gymnase, au lycée, c’était déjà un supplice. Et là, l’amour de sa vie lui proposait des vacances au Cap d’Agde. Un cauchemar pour elle.

 

C’était l’amour de sa vie, pourtant. Alors, il fallait qu’elle apprenne : se mettre nue, du dehors et du dedans.

 

La première épreuve qu’elle se fixa, ce fut de rencontrer un inconnu, n’importe où, dans la rue, dans un train, dans un bar et de lui raconter sa vie.

 

Un matin, elle décida de mettre son projet à exécution : elle rentra dans la cafétéria de la gare et s’assit, après avoir demandé poliment, en face d’un homme entre deux âges, seul avec son café et son muffin.

 

Elle lui adressa d’abord un sourire…Le sourire le plus ouvert qu’elle pouvait. Elle avait longuement réfléchit à ce qu’elle dirait : dans une gare, demander d’où on venait lui semblait l’amorce la plus naturelle.

 

« - Bonjour ! Vous venez de loin ? demanda-t-elle en jetant les yeux vers la gare.

- Non. Je suis d’ici. J’attendais quelqu’un qui n’est pas venu. Je sais qu’elle ne viendrait pas, d’ailleurs. Alors…je ne suis même pas déçu…Je suis plutôt désespéré. J’aime cette femme à mourir. J’ai déjà connu plusieurs histoires d’amour : à mon âge, vous pensez. J’ai eu une femme, pendant 15 ans. On a divorcé. Je l’aimais sincèrement, quand on s’est mariés. Mais avec le temps, tout ça s’est usé…Et maintenant, j’ai rencontré cette femme…C’est une diva…C’est une femme exceptionnelle. Elle n’est pas seulement belle, elle n’est pas seulement douce, elle n’est pas seulement passionnée…Elle est tout ça et bien plus encore : elle est brillante, fascinante, d’une intelligence rare…Et elle fait l’amour comme personne… »

 

Là, ç’en était trop : elle était entrain de perdre son défi et en plus, elle était tombé sur un de ces bavards impudiques qu’elle détestait autant qu’elle admirait.

 

Elle se leva brusquement, bafouilla deux trois mots idiots, qu’elle avait un train, qu’elle devait partir, qu’elle lui souhaitait bonne chance…Rouge jusqu’aux oreilles.

 

Elle changea de bistrot, bien décidée à mener à bien son affaire. Il fallait qu’elle arrive à dire au moins une ou deux choses personnelles sur elle-même. Dire au moins qu’elle est lesbienne.

 

Elle s’installa à nouveau, au fond du MacDo, à la table d’une jeune femme seule. C’était peut-être plus facile, avec une fille. Elle lui sourit, lui dit un bonjour discret, mais le plus chaleureux qu’il lui était possible. L’inconnue leva les yeux vers elle, répondit à son salut. Ni plus, ni moins…

 

Une ou deux secondes, pas plus, s’écoulèrent…Mais c’était désormais un silence qu’il fallait briser et ça, c’est très difficile pour une timide maladive comme notre héroïne si peu héroïque.

 

Elle se voyait encore échouer bêtement, quand l’inconnue lui demanda :

 

« - Vous venez d’où ? Vous descendez d’un train ? »

 

Elle en restait scotchée, durant quelques instants. Puis elle répondit :

« - Non, je suis là pour parler. Juste pour parler… »

 

Elle se dit soudain que la demoiselle allait fuir…Qu’elle allait la prendre pour une folle…Mais non….Elle resta là, souriante, à l’écoute. Elle se décida donc :

 

« - Je suis lesbienne », débita-t-elle très vite.

 

L’autre demeura souriante, attendant une suite qui ne venait pas. Au bout d’un moment, elle eut un geste interrogatif : elle ouvrit ses mains, elle haussa les sourcils…

« - Et puis ? 

- Ben…j’ai…je…c’est juste que j’ai des difficultés à…me mettre à nu…Alors, je fais des tests…Des défis, exactement…J’essaie de dire des choses à des inconnus, comme ça, pour m’entraîner, pour tenter d’être moins…coincée…Vous voyez ? »

 

Elle avait déballé ça si vite, que toute la bonne volonté de son auditrice disparut d’un coup : elle sourit encore, gênée, cette fois-ci, ramassa ses affaires et bredouilla qu’elle avait un train à attraper…

 

L’échec était moins cuisant…Mais la situation n’était pas vraiment reluisante !

 

Il lui fallait maintenant passer au défi numéro deux : parler d’elle à une connaissance…Par exemple, au boulot. Elle sélectionna la personne avec beaucoup d’attention, elle choisit le moment, organisa la scène. Elle amena le sujet, elle prépara les mots, les phrases, les transitions de son discours avec un soin de grand orateur.

 

Evidemment, le moment venu, elle bégaya, elle rougit, elle hésita et finalement, posa une question qui n’avait rien à voir : imaginez la scène !

 

« - Salut Gisèle, ça va ? T’as cinq minutes, là ? » commença-t-elle…

Gisèle était une collègue vraiment sympa, ouverte, souriante et en plus on pouvait lui faire confiance. Une qualité rare, dans une entreprise : c’était une tombe quand on lui confie un secret…

« - Ça va ! Et toi ? répondit la Gisèle, toujours aussi souriante. Tu as le temps de boire un café, je prends ma pause… »

 

Là, c’était le moment, il fallait parler…

 

« - Ben oui, tiens, ça tombe bien, je voulais te dire un truc… 

- Ah bon ? Je t’écoute…

- Ben…voilà…alors…Pfff…dieu que c’est compliqué… »

 

Rouge comme le sang du taureau sur le sable de l’arène, suante comme le matador à la fin de la mise à mort, elle était là, entre les deux, à la fois le taureau et le torero, ne sachant s’il fallait s’enfuir en courant ou planter ses banderilles…

 

Elle pensa à l’amour de sa vie, aux vacances au Cap D’Agde, aux défis qu’elle se devait de relever…Elle voulut parler, elle bégaya :

« - Bon, tu sais, je suis lesbienne…Et…enfin voilà…quoi… »

 

Encore une fois, le silence s’imposa…Gisèle connaissait bien sa collègue. Elle ne pensa pas à fuir. Elle tenta de comprendre, elle relança la conversation :

 

« - Tu sais, ça ne me dérange pas, c’est pas un problème, aujourd’hui, les gens sont plus ouverts, à ce sujet… 

- Oui, je sais, c’est gentil, merci, ce n’est pas le problème… 

- Ah bon ? Ce n’est pas le problème ? Alors tout va bien ! Tant mieux ! Je suis heureuse que tu me l’aies dit !

- Oui…mais non, enfin, d’accord, merci…C’est sympa d’être à l’écoute…Excuse-moi, je suis maladroite…Ce n’est pas ce que je voulais dire…Enfin si…mais pas que ça… »

 

Gisèle fronça les sourcils :

« - Ce n’est pas ça ? C’est quoi alors ? Fais-moi confiance, tu peux tout me dire ! Tu sais, j’en sais des choses sur les gens de cette boîte…Et je n’ai jamais rien dit…Ma réputation, c’est la discrétion ! Que veux-tu me dire ? 

- Ben…ça veut pas sortir…Désolée, je ne peux pas…Voilà…Je suis lâche, faible, nulle… »

 

Mine de rien, elle venait d’en dire, des choses…N’empêche que Gisèle crut comprendre. Elle pâlit…

« - Tu ne voudrais pas me dire que tu craques pour moi, par hasard ? Parce que bon…Je suis désolée, mais…non ! 

- Non, non, ce n’est pas ça du tout, se défendit-elle…

 

Mais Gisèle avait déjà tourné les talons : la pause était finie…

 

La victoire était loin d’être glorieuse…mais c’était mieux que rien…

 

Elle décida donc de faire le dernier test : allez dans un hammam naturiste. Le grand saut contrôlé : dans la pénombre et dans la vapeur, elle ne risquait quand même pas sa vie…Mais ce qui semble à chacun un petit pas, lui paraissait un gouffre à franchir…

 

Dans les vestiaires, elle s’emmitoufla dans sa serviette. Elle courut presque pour rejoindre le hammam. Une fois à l’abri des regards, elle se dévoila le cœur battant et le feu au joues. Elle était belle pourtant. Elle avait une chute de reins merveilleuse, des petits seins tendus et pointus comme des jolies poires du mois de septembre. La douce atmosphère du lieu, la lumière très diffuse arrondissait encore ses formes chaudes et harmonieuses.

 

Dans l’ombre, il y avait Charlotte. Depuis le début, elle observait cette jeune femme qui paraissait si timide, si réservée…Elle l’avait trouvée belle, tout de suite, elle avait aimé le fard que sa crainte lui mettait aux joues…Comme si elle avait tout deviné dès le premier regard…Alors elle s’approcha d’elle, et commença à la frôler, comme si de rien.

 

Curieusement, notre héroïne avait laissé tomber toutes ses inhibitions. Elle se laissa faire et les caresses de Charlotte se transformèrent bientôt en désir, en soupirs, en baisers passionnés…

 

Le dernier test était réussi…Pourtant, elle ne partira jamais au Cap d’Agde en vacances…

 

Ça, c’est Charlotte qui lui a promis !

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Vendredi 4 avril 2008
"Avant Carla, j'étais plutôt Sardou, Macias ou Clavier...Et elle ne comprenait pas pourquoi les artistes ne m'aiment pas..."
Les inquiétudes de Mme Bruni-Sarkozy
LE MONDE | 29.03.08
© Le Monde.fr

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Vendredi 11 avril 2008

15h45. Même pas l’heure de la récrée. Pas l’heure du goûter non plus. Juste une heure parmi d’autres.


Une vie qui s’éternise un peu, parfois, pour qu’on puisse avoir l’impression d’avoir vécu, à la fin. Mais se dire que le temps passe trop vite,  c’est un truc d’adulte, c’est pour plus tard. C’est quand la vie touche à sa fin déjà, qu’on sent les premiers instants de bonheur absolu. Pour le moment, ce n’était pas le bonheur pour Angéla. Assise à sa table d’écolier, seule, triste, à demi endormie par les salamalecs du maître qui ne parlait même pas pour elle, puisque c’était une classe unique, de la maternelle au CM2, tous dans le même panier. Angéla était seule de son âge. Seule en CP, à 15h45. Cette après-midi là, l’instituteur faisait Jeanne D’Arc avec les grands et avait donné des exercices de maths à Angéla. Le stylo en l’air, à la récré de 15h15, Angéla s’était déjà fait remonter les bretelles : elle n’avait pas écrit la moitié de la date depuis 13h30. Depuis la fin de la récré, elle avait réussi à écrire la fin. Mais elle s’était à nouveau laissée emporter par l’histoire de cette femme guerrière, par cette histoire de voix entendues et de roi sauvé.


En rentrant à la maison, sa mère lui avait demandé ce qu’elle avait fait. Ce fut une surprise d’apprendre qu’on faisait déjà Jeanne d’Arc au CP. Mais après tout, pourquoi pas…


Angéla se remémorait cet épisode bizarre lors de son premier entretien d’embauche…ça et tous ses bulletins scolaires. Ces indications pas toujours délicates du genre « Elève lente et laborieuse »…

A suivre...

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