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PS (Parti en Sucette)

Mardi 12 août 2008
J'ai décidé de me lancer dans la lecture longue et fastidieuse des contributions pour le congrès de Reims du PS et d'en faire le rapide compte-rendu. Ne vous attendez pas à des trucs époustoufflants ! Je donne juste quelques impressions et je prends avant tout des notes personnelles...

Si vous voulez lire, vous aussi, ces contributions, vous pouvez les télécharger en cliquant sur ce logo :
 
(Merci à Donatien d'Expat-Prague)

Utopia : une contribution de rêve ?

 

La première contribution pour le congrès du PS à Reims que je vais tenter d’analyser, c’est celle d’Utopia. C’est celle qui m’a attirée en premier, lorsque j’ai feuilleté toutes les contributions.

Utopia…L’utopie, c’est le rêve d’une société parfaite. C’est un mythe littéraire. C’est peut-être bien ça qui m’a attirée en premier. Les temps sont durs quand la littérature n’est représentée au gouvernement que par M. Darcos…

La contribution commence par une citation de Shakespeare que tout étudiant en lettres ayant étudié un peu l’utopie, connaît : «Ils ont échoué parce qu’ils n’avaient pas commencé par le rêve. »

 

Ce que cherche ce collectif, c’est à redonner du sens, rendre une idéologie à la gauche. C’est louable. La gauche manque cruellement d’une ligne directrice qui serait clairement différente de celle de la droite. Du moins, aux yeux du public de TF1. « Les partis politiques, c’est tout à mettre dans le même panier, c’est verre de blanc et blanc de…euh…enfin, ras la casquette, quoi ! » me disait encore le vieux René au comptoir du bar, ce matin.

 

Utopia développe donc des idées d’alterdéveloppement, de remise en cause du système capitaliste, de décroissance. Ce mouvement place au cœur de sa réflexion, l’environnement.

 

Par de nombreux côtés, je me sens proche de cette réflexion. Je pense effectivement que notre survie dépend de notre prise de conscience que nous vivons dans un univers fini et Utopia, c’est ça, avant même d’être une politique de gouvernement à court ou moyen  terme.)

 

C’est avant tout une philosophie. Le mot Utopia prend donc tout son sens.

 

En cela, je pense que ce mouvement pourrait devenir un texte de référence pour le PS : les analyses sur la consommation et le travail me semblent bonnes.  Cependant, c’est un travail de réflexion plutôt qu’une ébauche de programme concret.

 

Utopia se situe dans le domaine des idées et il est bon que le PS s’en inspire : c’est un souffle nouveau. Il est temps en effet, de remiser Marx et consorts au placard. Les temps ont changé et Utopia l’a bien compris.

 

CC

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Mercredi 13 août 2008

La deuxième contribution que j’ai décidé de lire, c’est celle de Martine Aubry, parce que j’ai fait un de ces tests idiots de Facebook qui m’a annoncé que j’étais socialo tendance Martine Aubry…

 

Vérifions !

 

Une vision pour espérer, une volonté pour transformer. C’est le titre de la contribution. Belle formule parallèle, belle allitération en [v]. Cessons les sarcasmes. L’introduction dresse un constat juste de la France de Sarkozy. Sans détour, la politique de notre TGH (très grand homme) est démontée : baisse des impôts pour les tranches hautes, baisse des acquis sociaux pour les tranches basses. Plus de libéralisme, moins de libertés. C’est le constat qu’on fait chaque jour depuis le début de la présidence de Sarkozy, ici, ou chez Juan, ou un peu partout chez les Left_blogs.

 

Très bien.

 

Le principe directeur est posé : NOUS voulons une société et non pas un marché, et « le JE a besoin du NOUS pour exister. »

 

Premier point, un point auquel je suis particulièrement sensible : l’éducation. Quelques déclarations de bonne volonté et quelques piques envers la politique actuelle. Plus de moyens, plus de temps d’école pour les élèves, plus de souplesse possible dans l’organisation de l’école. L’école obligatoire à 3 ans. Bref…Ce n’est pas tellement concret. Une prof attend un peu mieux de ce côté-là.

 

En ce qui concerne la formation continue, le bilan d’une carrière où la mobilité est inévitable est le bon. Du coup, les propositions de formation tout au long de la vie professionnelle sont bien vues.

 

Pour le logement, la contribution me semble fouillée et technique. Sans doute parce que Martine Aubry connaît bien le dossier, au niveau local, à Lille. Une idée me semble très belle et très intéressante : « nous voulons qu’au droit au logement correspondent aussi des devoirs : l’octroi d’un logement ayant bénéficié d’une aide publique pourrait s’accompagner de l’adhésion à une charte de vie collective prévoyant la participation à la vie de l’immeuble (tranquillité, propreté, petit entretien, locaux communs, cours de soutien assurés par les étudiants, garde d’enfants assurée par les retraités, courses assurées par les étudiants ou les jeunes ménages auprès des personnes âgées dépendantes, implication dans les conseils de résidants et les associations de locataires…) et l’acceptation de mobilité dans un autre logement aidé plus petit (trois offres au minimum) en cas de réduction de la taille de la famille, pour laisser place à une autre famille. »

 

Après ce premier panorama, Martine Aubry, dans une volonté de couvrir toute la population, redit que la politique de gauche doit être celle de toute les générations, de la petite enfance jusqu’aux personnes âgées.

 

Ensuite, vient une réaffirmation des valeurs de laïcité, d’égalité, d’accueil et de diplomatie étrangère à la fois moderne et intransigeante sur la question des droits de l’homme, le civisme – même si 1000 heure de travaux d’intérêt général dans la formation de tous les jeunes me semble…excessif… ?- une politique de sécurité axée sur la prévention et sur la réinsertion après la sanction, dans laquelle je me reconnais largement.

 

La culture tient une vraie place dans cette contribution. Il s’agit d’en faire un ciment collectif intergénérationnel. C’est une idée louable. La Culture doit être dans la cité, dans l’école, dans les théâtres, mais aussi dans la rue. De nombreuses fois, Mme Aubry fait référence à Lille 2004. Pour ceux qui ont eu la chance de visiter la capitale nordiste durant cette année, il est vrai que c’est un modèle extrêmement pertinent et réussi.

 

Dans ce même chapitre, s’intègre naturellement (ou pas très naturellement, d’ailleurs) Internet.  Pas très naturellement, selon moi, parce que le titre : « Génération Internet » fait plutôt vieux machin qui se penche sur un phénomène de mode pour faire « djeun’s ». Cette impression vient sans doute de mon jeune âge…Mais malheureusement, la vision d’Internet de Martine est déjà dépassée par les événements !

 

Pour ce qui est du développement durable, c’est un peu comme pour Internet : la vision est trop étriquée. Le développement durable, d’ailleurs, ça ne vaut que pour les lapins. Et encore…

 

La vision de la politique étrangère est plus conforme aux droits de l’homme que celle de Sarkozy, c’est clair, et plus tournée vers les pays du Sud. Intéressant et à creuser, surtout en ce qui concerne la guerre de la nourriture…Comme la vision de la paix, c’est un projet beau et généreux…Utopique ?

 

Utopique, peut-être, aussi, la normalisation des règles sociales et environnementales. Mais c’est un beau rêve…

 

Enfin, la dernière partie, avant la conclusion, « Remettre la société en marche », propose une réforme de l’Etat pour moins de pouvoir du président, pour plus de décentralisation,  des syndicats plus représentatifs et des citoyens plus participatifs (le mot est-il bien choisi ?).

 

Le point qui me semble primordial et qui est développé en dernier – mais c’est rhétorique, sans doute -, c’est la volonté de rassembler le parti socialiste. Ça devrait arriver en premier, mais c’est là et c’est déjà pas mal…Et d’ailleurs, cette volonté d’union est à nouveau affirmée dans la conclusion.

 

Le NOUS tiens une place capitale dans cette contribution qui mérite d’être lue. Certes, Martine Aubry, stratégiquement, c’est la candidate qui peut faire le ménage –entendons « qui peut faire chuter Ségolène Royal pour faire la place pour un homme » - mais elle a la carrure et le sérieux, l’énergie et le charisme pour faire quelque chose de bien pour le PS.

 

 Mais elle est loin de faire l’unanimité…

 

CC

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Jeudi 14 août 2008

Après avoir fait plaisir à Maxime Pisano, hier, en proposant ma lecture de la contribution de Martine Aubry, je vais satisfaire un autre collègue, aujourd’hui, en décortiquant la contribution de la Nouvelle Gauche, conduite par P. Larrouturou.

 

Enfin…le satisfaire…attendons de voir !!

 

C’est une contribution qui ne s’embarrasse pas d’envolée lyrique et de belles intentions sur les valeurs de la gauche. On pourra lui reprocher de n’être pas tout à fait inspirée, ou habitée…Mais on ne peut pas lui reprocher de piétiner avant d’entrer dans le vif du sujet.

En plus, les arguments avancés sont bétons : si vous avez eu l’occasion d’écouter ce midi sur France Inter, l’émission « Ça vous dérange », sur le temps de travail, voilà l’argumentaire qu’il aurait fallu développer en face de la théorie étrange des « cigales (« ceux qui préfèrent rester au lit ») et des fourmis » de M. Godet, qui était au téléphone. (Au passage, vous pouvez faire part de tout ce qui vous dérange dans l’émission de demain…Profitez-en !)

Si on résume les idées de la Nouvelle Gauche, en gros : la baisse de la part des salaires dans le PIB est bien antérieure aux 35h remises en cause par Sarkozy. De plus, elle est mondiale.

Par conséquent, il faut chercher le problème ailleurs.

Dans le chômage, par exemple. Sarkozy et sa fine équipe nous assurent que le chômage, c’est fini.

Pourtant, ces deux problèmes – temps de travail et chômage – sont les clés de voute du système. C’est en comprenant leur fonctionnement qu’on explique les difficultés de notre système de santé et de retraite. Moins les gens travaillent, moins ils cotisent et le système s’effondre. Les gens n’osent plus négocier leurs conditions de travail auprès de leurs employeurs, à cause du chômage qui les guette, ils travaillent donc moins, ils gagnent moins, donc, ils cotisent moins et le système se fragilise. C’est un constat. Si on ajoute à cela, un nombre de trimestres plus grand pour pouvoir toucher une retraite à taux plein, mais des seniors ne trouvant pas d’emplois donc touchant moins de retraite par la Sécu, on se rend compte que les gagnants sont…les assurances et les mutuelles privées.

La contribution n’est pas sans rappeler qu’un certain Guillaume Sarkozy est le directeur général d’un groupe d’assurances-santé et retraite…

Alors, le plein emploi, c’est pour demain ? Encore une fois, on nous ment, on nous spolie. Les emplois créés dont on nous vante le mérite sont le plus souvent des emplois à temps partiel. En moyenne, 12h/semaine. Le pied. Ne vaudrait-il pas mieux faire 35H ? Le modèle allemand n’est pas le bon. Les réformes du travail proposées par Sarkozy et s’inspirant de la réforme Hartz sont une catastrophe annoncée.  Si on regarde de près, ce n’est pas mieux aux Etats-Unis, c’est tout aussi désastreux en Angleterre, au Japon et même en Chine…

Bref, le constat est sans appel : la situation des pays occidentaux est loin d’être brillante et ce qui guette, à plus ou moins long terme, c’est une crise semblable à celle de 1929.

L’intérêt de cette contribution, c’est qu’elle dresse un panorama général et documenté sur la situation du capitalisme libéral et dérégulé que nous connaissons.

La seconde partie, « Comment agir ? », par d’ailleurs de ce constat : impossible de trouver des solutions au niveau national quand le problème est mondial.

Cette deuxième partie se résume en 10 questions qui battent en brèches des idées reçues.

1)      « Etes-vous d’accord pour que, à l’issue de son Congrès, le PS organise sans tarder avec l’ensemble des socialistes européens (ceux qui sont au pouvoir et ceux qui n’y sont pas) une grande Conférence internationale pour définir de nouvelles règles du jeu en matière monétaire et financière ? » Autrement dit, il faut réunir un nouveau Bretton Wood.

2)      « Pour leur donner un minimum de culture économique, souhaitez-vous que le PS abonne Nicolas Sarkozy et les dirigeants du Medef au Figaro ? Ça leur éviterait de dire trop de blagues en économie ! » Autrement dit, les problèmes actuels ne sont dus ni à la mondialisation comme l’affirme l’extrême gauche, ni à un manque de productivité de la France comme l’affirme le MEDEF. Et donc : « Etes-vous favorable à la négociation d’un véritable Traité de l’Europe sociale comprenant des critères de convergence sociaux aussi précis et contraignants que l’étaient les critères financiers du Traité de Maastricht ?[...] »

3)      « Etes-vous d’accord pour [...] donner à l’Europe des ressources propres en créant un impôt européen sur les bénéfices, une éco-taxe et/ou une Taxe Tobin ? » Autrement dit, le dumping fiscal n’a jamais été aussi fort que ces dernières années, alors même que les entreprises engrangent des bénéfices toujours plus importants. Même les Etats-Unis ne font pas autant de dumping fiscal…

4)      « Etes-vous d’accord pour [...] rééquilibrer les relations entre la Chine et l’Europe ?

» Autrement dit : la Chine ne respecte pas les normes environnementales en vigueur en Europe, ni les conditions de travail. De plus, la monnaie chinoise n’est pas évaluée à sa juste valeur. Nous devrons imposer les mêmes règles du jeu à la Chine ou taxer ses produits.

 

« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent. Il nous faut apprendre à vivre comme des  frères ou nous préparer à mourir comme des imbéciles.» Martin Luther King…


5)      « Doit-on toujours miser sur la croissance ? » La croissance ne pourra pas revenir massivement et en plus, dans les pays où la croissance est plus forte, la situation n’est pas meilleure. Autrement dit, la croissance tant espérée n’est pas la solution.

6)      « Pour qu’aucune perte de pouvoir d’achat n’affecte plus les salariés, êtes vous favorables à la mise en place d’un système d’indexation des salaires semblable à celui qui existe au Luxembourg et en Belgique ? » Si ça marche pour eux, pourquoi ça ne marcherait pas pour nous ?

7)      « Pour faire face à la crise du logement, faire baisser les loyers et dégager du pouvoir d’achat pour les locataires, êtes-vous favorable à l’utilisation d’une partie du Fonds de réserve des retraites pour construire massivement de nouveaux logements en s’inspirant de ce qu’on fait les partenaires sociaux aux Pays-Bas ? » Si ça marche pour eux...

8)      « La productivité, pour quoi faire ? » Autrement dit, la modernité de nos systèmes industriels fait de notre pays un des premiers pour ce qui est de la productivité. Sarkozy nous ment quand il affirme que nous ne sommes pas assez travailleurs. Dans ce cas, la solution pour créer de l’emploi, c’est évidemment de baisser le temps de travail. La semaine de 4 jours est le point central de l’argumentaire de P. Larrouturou. C’est passionnant et je vous conseille de lire au moins ce 8ème point.

9)      La contribution souligne la nécessité de faire un Europe qui ne soit pas seulement économique et libérale… (La négociation pourrait partir : 1. du projet de refondation démocratique développé en 2000 par Joschka Fischer, 2. du projet de Traité de l’Europe sociale rédigé en 2003 par quelques socialistes français avec le soutien de 400 personnalités de 9 pays, 3. du discours de Winston Churchill prononcé à Zurich en 1946 : il faut créer les Etats-Unis d’Europe… mais la Grande Bretagne n’en fera pas partie. Il n’y a aucune obligation d’unanimité !)

10)   La démocratie au PS : le regret que les militants ne soient pas suffisamment entendus au sein du parti est énoncé. Mais aussi, la perte du nombre des militants. Le constat de P. Larrouturou va plus loin que celui de Martine Aubry : le PS va mal…tout aussi mal que la politique dans la société. Il va aussi beaucoup plus loin en ce qui concerne l’Internet et ses possibilités « horizontales » (contre une communication traditionnelle des médias qui est « verticale »)

 

En résumé et pour conclure, cette contribution est extrêmement enrichissante du point de vue économique. J’ai appris énormément en la lisant. Cependant, je reste sur ma faim en ce qui concerne l’environnement et les questions de société (l’éducation, notamment.)

 

Mais la réflexion sur le temps de travail et la façon de repenser l’économie au niveau mondial me semble pertinente et convaincante.

 

CC

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Vendredi 15 août 2008

Je ne suis pas forcément ségolèniste. Je ne sais pas trop ce que je suis, en fait. C’est bien pour ça que j’essaie de lire et de faire un choix parmi les 21 contributions PS.

 

Ségolène Royal, certains y croient toujours, d’autres ont été déçus, et certains n’y ont jamais cru.

 

Je n’ai jamais trouvé qu’elle était le meilleur choix. Le meilleur choix possible seulement. Parce que je n’arrive pas à me reconnaître dans cette femme là. Malgré tout, je lui reconnais des qualités et une force indéniable. Voyons si elle propose quelque chose qui me convaincra à 100% cette fois-ci…

 

Verdict...euh...lundi ?

 

Bon, j'avoue, même si Ségolène est la Madonne du PS et qu'on est le 15 août, je ne suis pas arrivée à lire cette contribution. J'y arriverai ! Mais quand même, je ne suis pas ségoléniste, c'est sûr !

 

CC

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Mardi 19 août 2008

Il faut d’abord que je tente de faire abstraction du style de Ségolène, pour pouvoir lire sérieusement sa contribution. C’est en fait le problème majeur que j’ai avec Ségolène : son style. Dans cette contribution, on l’entend parler et ça me dérange.

 

Je peux tenter d’analyser ce style de manière littéraire : c’est un style peu naturel, un peu guindé (utilisation d’un vocabulaire daté ou connoté : « sape », « exsangue », « modernité branchée », « bafoué »… un style qui se veut parlé, et qui est hypocoristique, dans le sens où il multiplie les marques d’oral à l’écrit dans une intention affectueuse. (« Chers camarades », « « Où êtes-vous ? » nous crie-t-elle », « non, nous militants socialistes nous n’acceptons pas cela », « chaque année, […] oui, chaque année »…), les répétitions accentuent cette impression : elle prend son lecteur pour ce qu’il n’est pas. A-t-elle besoin de répéter, d’asséner, à l’écrit, de souligner, d’énumérer ?  Il me semble qu’elle s’adresse à des gens avertis et intelligent.

 

Je sais déjà qu’on va me dire que ce n’est pas le plus important, que c’est une histoire de forme et non de fond. Mais je suis convaincue que c’est ce qui a fait la différence, en 2007.

 

Vous savez, c’est un peu comme ces restaurants, sur la côte : le long de la plage, vous avez 15 restos qui se ressemblent tous. Ils proposent tous des fruits de mer et des soupes de poissons. Il y a deux types de stratégie : celle qui mise sur le tape à l’œil, avec une belle terrasse design, aux couleurs tendances. A côté de ça, on fait des économies sur le personnel en cuisine, les serveurs sont engagés au jour le jour et les clients, s’ils se font prendre une fois, ne sont pas satisfait par la bouffe, ni par le service, ne reviennent pas.

 

La deuxième technique consiste à miser sur le fond, c'est-à-dire sur la cuisine et le service. Les clients ne sont pas forcément convaincus au premier coup d’œil, mais ils sont satisfaits, le bouche à oreille se fait, la clientèle est fidélisée et  revient.

 

Les deux techniques sont viables : le premier restaurateur mise sur le fait que les touristes sont là pour peu de temps, qu’il faut les séduire vite et que de toute façon, ils ne reviendront pas.  Le second pense à s’établir pour plus longtemps, pense à la clientèle locale et hors-saison.

 

Le premier, c’est Sarkozy : il  a choisi de tout miser sur la com’, il y aura toujours de nouveaux électeurs pour être séduits, il y aura toujours des gogos pour se faire prendre au piège des beaux discours. Pas besoin de bosser le fond.

 

Le second, c’est Ségolène Royal : 100 idées pour convaincre, des débats participatifs, une ouverture d’esprit moderne, mais malheureusement une communication faiblarde. C’est cela que Ségolène doit travailler au plus vite.

 

Et je lirai vraiment cette contribution encore plus tard !!!

 

CC

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Vendredi 22 août 2008

Il est bien évident que si j’en suis à trois billets sur cette contribution, c’est qu’elle le mérite hautement. A tous ceux qui auraient mal lu, ou mal compris mes propos, il n’est pas question de critiquer négativement Ségolène Royal. Comme je le notais dans un commentaire, j'ai voté pour elle et j'ai cru en elle. En tant que femme, j'ai même été très enthousiaste pour sa candidature...Mais revenir sur tout ça, plus d'un an après, c'est aussi faire l'exorcisme d'une grande déception personnelle...

 

Entrons donc (enfin) dans le vif du sujet.

 

Tout d’abord, Ségolène fait la critique sans détour du sarkozysme, de la « déchirure » qu’il fait subir à la France, de son accointance avec les milieux des affaires... Elle fait preuve de courage, elle ne le fait d’ailleurs pas que dans sa contribution, puisqu’on l’entend régulièrement sur ce sujet.

 

Le deuxième point noir soulevé, c’est le capitalisme dérégulé. Analyse juste, qui débouche sur une affirmation à laquelle j’adhère à 100% : « Mettre l’économie au service de l’homme sans détruire les trésors de sa planète, c'est-à-dire sans détruire le patrimoine des générations futures, c’est cela le socialisme pour le XXIè siècle. »

 

Enfin, elle lance les pistes de sa réflexion : les retraites, l’impôt et le pouvoir d’achat. Pour cela, les trois piliers de la croissance sont le social, l’écologique et l’économique. « Une autre politique est possible » : je veux partager cet enthousiaste, j’espère vraiment un renouveau des idées…

 

Dans la série des précautions oratoires, Ségolène Royal dresse le portrait de ce que devrait être le parti idéal. Un parti unifié, un parti qui donne l’exemple. Bonne idée !

 

Elle développe aussi le point de la démocratie participative au sein même du parti et de la société. J’adore cette idée. Je regrette qu’à aucun moment, elle n’évoque Internet, dans tout ça.

 

Les impôts : niches fiscales (73 milliards), fraude fiscale (40 milliards), bouclier fiscal, impôts plus transparent (directs + indirects comptabilisés individuellement), tout cela promet un budget formidable. Ces mesures sont indispensables. Elles sont celles qui permettront d’avoir un Etat qui ne sera plus en déficit…

 

Agir contre la vie chère : réglementer les abus bancaires, créer une action de groupe à la française, changer les règles de l’indice INSEE (on n’achète pas des télés à écrans plats tous les ans, c’est clair), supprimer le paquet fiscal et redistribuer cet argent pour faire baisser la TVA, pour la recherche et les universités et pour faire baisser la dette. Contrôler les hausses de loyers, créer des logements conventionnés, faire respecter les constructions de HLM. Enfin, il faut convertir la rente pétrolière et nucléaire en « chèque énergie », ce qui sera développé plus tard.

 

Capital et travail : la crise du travail est bien là. Elle propose des syndicats plus forts pour un dialogue social d’égal à égal. Par exemple, il faut plus de représentation au sein des conseils d’administration, il faut créer un chèque syndical pour facilité les adhésions…

 

Le deuxième souci, quant au travail, c’est la finance qui fausse la donne : non au CAC 40, oui à l’innovation des PME. Il faut donc moins de bureaucratie de la part de l’Etat, plus d’aide et notamment exiger le remboursement des aides publiques lorsque les entreprises bénéficiaires licencient ou délocalisent et interdire plus de spéculation…

 

L’immigration : Ségolène Royal commence par reconnaître que l’immigration est un bien pour la France. Merci. Tout simplement. Elle rejette tout racisme ou tout ce qui pourrait s’en approcher. Bravo. Il faut un bon système d’immigration légale pour lutter contre l’immigration illégale. Je suis d’accord à cent pour cent.

 

Je ferai encore un billet sur cette contribution. Pour ce qui est de la façon de parler de Ségolène, à DJ qui poste des commentaires à ce sujet, ici, j’avoue être arrivé à faire abstraction de son style. Cette contribution est facile à lire, extrêmement bien mise en page.

 

Toutefois, une réflexion sur la longueur des phrases est à mener, c’est indéniable, pour les discours. Il faut savoir s’opposer aux phrases chocs de Sarkozy. Aux « La France, tu l’aimes ou tu la quittes », aux « Travailler plus pour gagner plus ». Il faut trouver le sens de la formule. Ce n’est pas très malin, ce n’est pas très profond, mais la société dans laquelle nous vivons l’exige.

 

CC

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Vendredi 7 novembre 2008
Les médias s'étonnent, ils manifestent une surprise tellement énorme que ç'en est stupide : "Oh ! Ah ! Qui l'eut cru ???"

Les médias ne comprennent pas, ils ont été bernés par Bertrand, martyrisés par Martine, brocardés par Rocard...

Bref, ces cons n'ont rien vu venir.

Ils ont cru que Ségolène, c'était fini.

S'ils avaient fait leur travail, ils auraient vu que les militants étaient toujours derrière l'ex candidate à la présidentielle. Ils auraient vu qu'elle avait rassemblé du monde dans un zénith pendant que Delanoé peinait à réunir un pelé et deux tondus dans ses réunions.

La victoire de Ségolène Royal, hier soir, n'a surpris que les médias.

Les autres éléphants du PS saoulent tout le monde avec leurs querelles imbéciles qui durent depuis la mort de Mitterrand. On a envie d'autre chose, de jeunesse, de Benoît Hammon, de Julien Dray, de Vincent Peillon...Et de Ségolène.

Après ça, j'espère qu'elle va faire exploser les cadres.

J'ai envie d'une grosse explosion, moi. Pas vous ? Parce que c'est la seule solution pour que le PS renaisse de ses cendres et mette vraiment le cap à gauche. (On va me dire que je rêve, dans les commentaires, je sais. Laissez-moi rêver.)

Et au fait ??? Ils sont partis, Rocard, Emmanuelli et Jospin ? Au revoir, messieurs ! Bonne retraite !

Vivement le congrès...

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Dimanche 9 novembre 2008
Les Left_blogueurs investissent Reims et ont ouvert un magazine sur le net : http://leftblogs.info/



C'est un très bel endroit pour parler du PS, de politique, de choix et de société.

Il y a les Blogs In, c'est ceux qui seront au congrès de Reims, et qui feront des billets, des reportages photos, videos ou audios sur le terrain, en live.

Il y a les Blogs out, dont je fais partie, qui feront de la veille médiatique et des reportages à l'extérieur, des interviews de militants ou de sympathisants (ou pas) dans leur entourage.

Le site est officiellement ouvert depuis le 6 novembre et on peut déjà y lire des débats intéressants sur le vote de jeudi dernier...

Je vous laisse découvrir tout ça !

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Jeudi 13 novembre 2008
La démocratie consiste visiblement à se faire des sourires par devant, tout en se lattant la gueule par derrière.

Delanoë qui veut, puis qui ne veut plus, Hamon qui fait les yeux doux à Martine, Martine qui dit oui, qui dit non, Ségolène qui dit je vous attends...

La démocratie, c'est faire croire que le modem, c'est le mal. Le mal absolu, pire que le FN...

La démocratie, c'est dire que la majorité n'est pas la majorité.

Mais finalement, la démocratie est là, puisque ça discute sec. La démocratie est un sport de combat...

Toute cette démocratie, cependant, ne serait-elle pas entrain de tuer la démocratie ?

Est-ce que cette cacophonie ne nous éloigne pas toujours un peu plus d'une réponse efficace à Sarkozy en 2012 ?

C'est ma crainte...

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Vendredi 14 novembre 2008
Je suis jeune, je suis un peu blonde, je ne comprends pas grand chose au congrès de Reims, qui commence aujourd'hui.

Le congrès du PS, c'est hard. (Entente entre les motions AC/DC ?)

Tentons de faire simple.

Durant ce congrès, il va falloir faire un choix : François Hollande, qui était secrétaire du parti depuis 11 ans, décide de rendre son tablier et de se consacrer désormais à ses enfants. Bien. Jusque là, c'est simple.

On a donc une place vide et des candidats.

Prenons les par ordre alphabétique, pour ne vexer personne (les gens du PS sont-ils des gens qui se vexent ? C'est une autre question...Encore que...)

Il y a donc Benoît.

Benoît est jeune et beau. Personne ne le connaît vraiment, mais il est propulsé par Emmanuelli que tout le monde connaît mais qui n'est ni jeune, ni beau. Benoît se revendique de gauche. Ce qui est un atout incontestable quand on est au PS. Mais attention, il est tellement de gauche qu'il considère que Bayrou, c'est le mal. Malgré cette aversion affichée pour l'homme de l'ADSL (Association à Droite Sans L'être) du MODEM, Benoît aimerait bien faire une alliance avec Martine qui ne pense pas vraiment que le MODEM soit si épouvantable : au contraire, puisqu'elle collabore (Oh ! le vilain mot !) avec ce parti, à la mairie de Lille. Benoît aimerait aussi faire alliance avec Bertrand, qui, alors qu'il milite au PS, semble un peu moins à gauche que les autres.

Bertrand, justement. C'est le maire de Paris.


Certains trouvent justement qu'il est un peu trop parisien...Il a fait une bourde, il y a un petit moment, qui le poursuit et qui lui a gâché sa campagne : il a dit qu'il était social libéral. Du coup, les journalistes ne lui ont parlé que de ça. Et il a dû répéter à chaque fois que ce qu'il voulait dire par là, c'est qu'il était pour la liberté. Mais le problème, c'est que libéral, c'est un gros mot, un peu comme Bayrou, ou MODEM, pour d'autre. Ce qu'il faut savoir, aussi, c'est que Delanoë, c'est aussi le changement dans la continuité, puisque François Hollande, qui ne fait pas que de s'occuper des enfants, finalement, est sur la liste des signatures de la motion de Bertrand...

Vous suivez toujours ?

Après, il y a Martine.

Martine est maire à Lille. Sa motion est très sociale, assez à gauche, tout ça...Mais bon, malgré ça, Raffarin la trouve très bien. Vous allez me dire, c'est étrange, Raffarin est de droite, on n'en a rien à faire de son avis sur Martine. Mais quand même, c'est étrange. (Il faut savoir que Raffarin est élu dans la même région que Ségolène, aussi...et que Martine représente un peu le TSS : Tous Sauf Ségolène. C'est une femme et les mecs du parti se sont dit que mettre une femme dans les pattes de Ségolène, ça pouvait donner des combats dans la boue assez intéressant visuellement.) Martine complote avec Benoît et Bertrand pour faire barrage à Ségolène.

Enfin, il y a donc la fameuse Ségolène.

Vous avez remarqué comme elle semble faire peur à tout le monde ? C'est parce que lors de l'élection pour la motion préférée, le 6 novembre, c'est elle qui a fait le meilleur score : c'est l'élue du public. Alors, selon les règles du PS, c'est à elle de faire les propositions pour le congrès. Normalement, elle aurait dû, entre le 6 et aujourd'hui, rassembler autour d'elle. Elle a bien essayé : elle a écrit des petites bafouilles sympas, en disant : "Allez, les potes, on se réunit, on se fait une bouffe et on fume le calumet de la paix. Une fois complétement bourrés, défoncés, détendus, on se met d'accord pour dire que je suis la plus mieux et je prends la place de mon ex."

Malheureusement, Bertrand ne boit pas, Martine est au régime et Benoît trouve Ségolène trop vieille pour faire la teuf avec elle.

Donc, aujourd'hui, à Reims, rien n'est fait. Mis à part Ségolène, tout le monde semble d'accord pour que ce ne soit pas elle qui prenne le poste. François en a sans doute marre (déjà) de s'occuper des gamins.

Mais cela ne nous avance pas beaucoup.

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Il va sans dire (c'est mieux en le disant) que les mots mis dans la bouche de Notre Président ne sont que fiction inventée par mes soins dans le but anodin de vous faire sourire !!

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