Pour ma santé mentale
Pour ma santé mentale, il ne faudrait surtout pas que j'aille sur skyblog pour voir les blogs de mes élèves. Ils sont trop mauvais en orthographe, c'est à me faire renoncer d'enseigner le français.
Il ne faudrait pas non plus que je me dise que je suis jeune et que je comprends les élèves, que ça me rends plus proche d'eux, qu'ils m'aiment bien grâce à ça. Dès que j'ai un tout petit plus confiance en moi, je me prends une claque.
Je me rends compte, par moment, comme par bouffées, que je suis une adulte, que je suis une prof, que je suis une vieille, que je suis ringarde, nase, éloignée de leur préoccupation, autant qu'une Britney Spears des miennes.
Je ne dis pas qu'il faut que je m'éloigne de la collégienne qui est encore en moi. Mais celle-ci est bien loin des gamins que j'ai devant moi quand je fais cours.
Tenter de comprendre ce que ces êtres d'une grosse dizaine d'années ont dans la tête, c'est un challenge. Étrangement, c'est parfois à La Guerre des Boutons, que je pense. Des gamins livrés à eux-même, jour et nuit, réalisant les quatre cents coups et n'ayant pour limite que l'environnement hostile dans lequel ils vivent. Dans le vieux bouquin, ça se passe à la campagne : on a les genoux écorchés et les mains pleines de terre.
Ici, l'univers hostile, c'est la banlieue. On se sappe en lacoste. C'est la guerre des boutons, mais des boutons de marque. Des boutons (et le reste) tombés du camion.
On déteste toute sorte d'autorité, on rejète le monde adulte. On pense qu'il est hostile et qu'il ne comprend pas.
Et c'est cette assurance qui détruit tout rapport possible.
Je suis assez fatiguée.
CC
Il ne faudrait pas non plus que je me dise que je suis jeune et que je comprends les élèves, que ça me rends plus proche d'eux, qu'ils m'aiment bien grâce à ça. Dès que j'ai un tout petit plus confiance en moi, je me prends une claque.
Je me rends compte, par moment, comme par bouffées, que je suis une adulte, que je suis une prof, que je suis une vieille, que je suis ringarde, nase, éloignée de leur préoccupation, autant qu'une Britney Spears des miennes.
Je ne dis pas qu'il faut que je m'éloigne de la collégienne qui est encore en moi. Mais celle-ci est bien loin des gamins que j'ai devant moi quand je fais cours.
Tenter de comprendre ce que ces êtres d'une grosse dizaine d'années ont dans la tête, c'est un challenge. Étrangement, c'est parfois à La Guerre des Boutons, que je pense. Des gamins livrés à eux-même, jour et nuit, réalisant les quatre cents coups et n'ayant pour limite que l'environnement hostile dans lequel ils vivent. Dans le vieux bouquin, ça se passe à la campagne : on a les genoux écorchés et les mains pleines de terre.
Ici, l'univers hostile, c'est la banlieue. On se sappe en lacoste. C'est la guerre des boutons, mais des boutons de marque. Des boutons (et le reste) tombés du camion.
On déteste toute sorte d'autorité, on rejète le monde adulte. On pense qu'il est hostile et qu'il ne comprend pas.
Et c'est cette assurance qui détruit tout rapport possible.
Je suis assez fatiguée.
CC
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