Puzzle

Publié le par CC

Les hôtesses présentes le soir du crime n’étaient pas toutes les mêmes que celle de la matinée. Seule Hortense Glainot était de service aux deux moments. Les enquêtrices demandèrent à la voir immédiatement.

C’était une femme d’une cinquantaine d’année bien passée. Elle portait sur le visage les marques de la vieillesse et d’une vie difficile.

D’entrée de jeu, les deux femmes surent qu’elles avaient à faire à un personnage.

« - Bon, patron, avant de commencer, je veux savoir comment on fait pour ma pause. C’est pas que je suis pas heureuse de laisser mon turbin pour venir causer avec ces dames de la police, mais j’ai pas encore pris ma pause de la matinée. Et j’ai pas envie non plus que ça m’la grille. Parce que justement, faut que j’grille ma clope, moi…

 - Bien sûr, Hortense, répondit, un peu gêné le jeune chef de magasin. Bien sûr…vous aurez votre pause…

 - Bon, dans ce cas, patron, vous pouvez peut-être allez vérifier le travail des autres, pendant que j’y suis pas…hein ? Parce qu’on sait jamais, hein… »

Charlotte n’en revenait pas. L’employée congédiait son patron. Et même pas poliment, en plus ! 

« - Heu…oui…je sors, je vous laisse…, répondit-il, encore plus penaud… »

Un peu tendre, ce patron, finalement…

« - Bon, on peut parler, maintenant qu’on est entre nanas…Alors ? Vous voulez savoir ce que je sais sur le hangar d’à côté ? C’est ça ?

 - Oui, entre autre. Si par hasard vous avez appris des choses, par des clients, si vous avez remarqué des nouveaux un peu louches dans le coin, ça nous intéresse aussi, compléta Brigitte.

- D’accord. Alors, déjà, sur le bâtiment d’Hostiaz. Comme il n’est plus utilisé depuis pas mal de temps, c’est le repère de pas mal de drôles de loustics. Le matin, quand on arrive, on voit souvent des clodos qui y ont passé la nuit et qui repartent en ville. Mais je ne pense pas qu’il y ait des trafics ou des trucs comme ça…En tout cas, je ne l’ai jamais entendu dire. C’est juste un squat, quoi…Sinon, moi, je comprends pas comment on peut laisser un bâtiment tomber en ruine comme ça…M’enfin, c’est pas mes affaires.

Charlotte avait envie de l’interrompre, en effet, dans ses élucubrations personnelles. Mais elle savait bien qu’avec se genre de personnages, il vaut mieux écouter jusqu’au bout. L’interrompre pourrait la bloquer…

- Bon, voilà pour la ruine. Pour la population du coin c’est peut-être un peu plus croustillant.


CC
Publicité

Publié dans Puzzle

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article