Suite ?
Ce matin là, elle s'apprêtait à effectuer un peu de paperasses, comme d'habitude, à régler quelques affaires courantes, des histoires de voitures volées, des rapports à taper, pour des vols ou des pertes de portes-feuilles.
Elle ne s'attendait à rien d'autre, jusqu'à midi, l'heure à laquelle elle irait manger une salade avec son collègue Fabrice, qui arrivait quand même, parfois, à la faire rire en lui racontant ses bourdes...Malgré cette perspective, elle avait sa tête des mauvais jours : avant de partir, elle avait jeté un dernier regard au miroir, mi-inquiet, mi-cynique. Elle allait bientôt avoir trente ans, elle était toujours seule, elle avait de plus en plus de rides au coin des yeux et aujourd'hui, en plus, elle avait des cernes horribles. Elle s'était réveillée trop tard, elle n'avait même pas pris le temps de se maquiller.
Autant dire qu'il n'allait pas falloir la taquiner, ce matin là.
Pourtant, en arrivant au commissariat, elle sentit que les choses n'étaient pas comme d'habitude. Une sorte de tension régnait : dès le comptoir, elle remarqua le regard bouleversé du planton qui recevait les plaintes et les appels de l'accueil.
Elle fila dans le bureau du commissaire, histoire d'être au courant des nouvelles fraîches. Comme tous les matins...mais avec une ombre de soupçon derrière la tête.
Le patron l'accueillit par un grognement d'ours mal léché. Comme d'habitude, mais en pire. Il leva à peine les yeux et balança :
"- Parrot, asseyez-vous. Vous allez avoir besoin d'être assise. Je vous mets sur une grosse affaire. Laissez tomber les bagnoles volées."
Il avait à peine repris son souffle en disant ces quelques phrases saccadées. Charlotte se mit à transpirer. Entre la joie et la trouille, son coeur battait à fond : elle allait avoir quelque chose à se mettre sous la dent, enfin. Il ne faudrait pas qu'elle se plante. Avant même de savoir ce que c'était, elle se faisait des films : enquête résolue, presse, avancement...Des mots qui résonnaient dans sa tête. Quitter ce bled pourri.
Le boss continua :
"- On a retrouvé trois cadavres dans un entrepôt désaffecté de la banlieue nord de la ville. Ce n'est absolument pas beau à voir : la scientifique est sur les lieux depuis trois heures du matin. Il y a du sang partout. Un carnage. En fait, je vous ai dit trois corps, mais on a mis du temps pour avoir cette info : c'était un vrai puzzle. Les macchabées sont méconnaissables, on ne sait pas, pour l'instant, si ce sont des hommes ou des femmes, c'est vous dire..."
Charlotte n'avait pas anticipé le choc. Le patron était tout pâle.
"- Vous y êtes déjà allé, vous ? bredouilla-t-elle.
- Oui. J'ai voulu vous prévenir avant de vous envoyer là-bas. Vous êtes prête ?"
Prête ou pas, il était marrant...Il fallait bien y aller, de toute façon.
CC
Elle ne s'attendait à rien d'autre, jusqu'à midi, l'heure à laquelle elle irait manger une salade avec son collègue Fabrice, qui arrivait quand même, parfois, à la faire rire en lui racontant ses bourdes...Malgré cette perspective, elle avait sa tête des mauvais jours : avant de partir, elle avait jeté un dernier regard au miroir, mi-inquiet, mi-cynique. Elle allait bientôt avoir trente ans, elle était toujours seule, elle avait de plus en plus de rides au coin des yeux et aujourd'hui, en plus, elle avait des cernes horribles. Elle s'était réveillée trop tard, elle n'avait même pas pris le temps de se maquiller.
Autant dire qu'il n'allait pas falloir la taquiner, ce matin là.
Pourtant, en arrivant au commissariat, elle sentit que les choses n'étaient pas comme d'habitude. Une sorte de tension régnait : dès le comptoir, elle remarqua le regard bouleversé du planton qui recevait les plaintes et les appels de l'accueil.
Elle fila dans le bureau du commissaire, histoire d'être au courant des nouvelles fraîches. Comme tous les matins...mais avec une ombre de soupçon derrière la tête.
Le patron l'accueillit par un grognement d'ours mal léché. Comme d'habitude, mais en pire. Il leva à peine les yeux et balança :
"- Parrot, asseyez-vous. Vous allez avoir besoin d'être assise. Je vous mets sur une grosse affaire. Laissez tomber les bagnoles volées."
Il avait à peine repris son souffle en disant ces quelques phrases saccadées. Charlotte se mit à transpirer. Entre la joie et la trouille, son coeur battait à fond : elle allait avoir quelque chose à se mettre sous la dent, enfin. Il ne faudrait pas qu'elle se plante. Avant même de savoir ce que c'était, elle se faisait des films : enquête résolue, presse, avancement...Des mots qui résonnaient dans sa tête. Quitter ce bled pourri.
Le boss continua :
"- On a retrouvé trois cadavres dans un entrepôt désaffecté de la banlieue nord de la ville. Ce n'est absolument pas beau à voir : la scientifique est sur les lieux depuis trois heures du matin. Il y a du sang partout. Un carnage. En fait, je vous ai dit trois corps, mais on a mis du temps pour avoir cette info : c'était un vrai puzzle. Les macchabées sont méconnaissables, on ne sait pas, pour l'instant, si ce sont des hommes ou des femmes, c'est vous dire..."
Charlotte n'avait pas anticipé le choc. Le patron était tout pâle.
"- Vous y êtes déjà allé, vous ? bredouilla-t-elle.
- Oui. J'ai voulu vous prévenir avant de vous envoyer là-bas. Vous êtes prête ?"
Prête ou pas, il était marrant...Il fallait bien y aller, de toute façon.
CC
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