Vanités...
CHAPITRE V
A cette époque-là, je ne faisais pas grand chose. J’étais à la fac, en doctorat de lettres. Je m’appliquais à faire concorder mes problèmes personnels avec des problèmes tout littéraires. Je n’étais nullement amoureuse de l’arriviste et j’admirais le grand professeur qui prendrait bientôt sa retraite, au grand soulagement des étudiants de DEUG, à qui il mettait invariablement des notes minables, en les plaignant d’avoir à subir les affres d’une Education Nationale de plus en plus laxiste et dont le niveau n’avait cessé de chuter depuis
Mes problèmes personnels étaient ceux de mon âge : une adéquation entre les sentiments et les pulsions que je refusais de subir.
Du point de vue lucide et éclairé de la morte que je suis désormais cela me semble d’une stupidité désespérante. Je m’obstinais à vouloir ce qui m’était inaccessible, de la façon la plus romantique et la plus grotesque qui soit.
Je ressasse désormais de vieilles histoires de famille qui ont maintenant plus de deux siècles. Je pense que les caractères se forgent de génération en génération, que les choses sont en nous, depuis toujours. Je vois maintenant que mes descendants ont quelques choses de moi. Il est donc logique que j’ai moi-même hérité de mes ancêtres, qu’ils m’aient légué quelques tares (car ce sont les défauts qui sont les plus intéressants à étudier…)
Il faut bien occuper sa mort…D’ailleurs ces quelques histoires de famille, si l’on se débrouille bien, si l’on sait bien y ajouter quelques sentiments (bons ou mauvais) et un petit plus d’imagination, pourraient très bien faire un best-seller, un feuilleton télé, voir un film de cinéma…Il faudra que j’y songe…pour mes descendants, bien entendu !