Vanités...
CHAPITRE VIII
Il fallait encore fuir : les Massaïs les avaient encore rattrapés.
Ces escapades dans le dessert étaient fort éprouvantes : les conditions étaient déplorables…Il n’y avait pas d’eau pour se laver, on devait l’économiser pour boire, en prenant bien soin de la désinfecter, avec ces horribles pastilles de javel, qui lui donnait un goût infecte à peine masqué par l’Anthésite, que Sandra ne supportait plus.
Une fois que la caravane était épuisée, ils arrivèrent dans une oasis. En sueur, assoiffés, ils se jetèrent dans le lac, se lavèrent, se savonnèrent, se frottèrent…Cela leur fit un bien fou. Un peu plus tard les muletiers qui les accompagnaient baignèrent leurs mules dans la même eau. Il se reposèrent, mangèrent enfin un vrai repas accompagné de ce délicieux thé à la menthe très sucré que Sandra préférait tellement à l’eau javellisée et parfumée à l’Anthésite. Ce bien-être aussi passager fut-il était intense. Elle en oublia même John pendant quelques heures…
Le lendemain matin, au moment de lever le camp, tous les blancs étaient malades : ils avaient une turista qui les clouait sur les toilettes…Evidemment les indigènes étaient hilares : « Ils se sont baignés les p’tits blancs ! Comme si on était à la mer… »
Sandra n’en pouvait plus de ce pays où l’on devait payer si cher chaque moment de plaisir. Il lui prenait des nostalgies insensées où elle regrettait l’odeur du métro, les embouteillages interminables, les chauffeurs de taxi obèses et suant qui râlaient en permanence…
Le plaisir n’est finalement pas ce que l’on croit : c’est une avance sur ce que l’on doit… »
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