Vanités...

Publié le par CC

CHAPITRE V

 

            « - Je ne céderai pas ! Je ne céderai pas ! »  Voilà ce que se répétait sans cesse John. Cela depuis des mois, depuis que Samara était arrivée à  Kareh Maleh. Samara était une belle brune au teint chaud. Elle était française d’origine martiniquaise et finissait ses études d’infirmière par ce stage dans le désert.

            Bien sûr elle était tout de suite tombée amoureuse de John. Qui  ne l’aurait pas aimé d’ailleurs ? Il était si beau et avait l’air si triste… Les femmes rêvaient toutes, en général, de le réconforter…

            Les yeux verts de Samara, évidemment, n’avaient pas laissé le beau docteur insensible. Mais il avait décidé de rester fidèle à la mémoire de Barbara. Mais Samara, la charmeuse, exerçait sur John comme un charme venimeux. Ses beaux yeux verts lui apparaissaient en rêve et se substituaient à ceux de son épouse.

            John d’ailleurs plaisait clairement à la belle des îles qui n’avait pas l’habitude d’attendre que les hommes viennent à elle. Elle le séduisait intentionnellement, ouvertement, et tout le camp était au courant. On lui avait pourtant expliqué que le « doc. » avait le cœur brisé et qu’il était en deuil de sa chère épouse disparue.   On racontait cependant qu’un soir elle l’avait suivi dans sa case, vêtue comme les indigènes, d’un simple pagne et les seins nus et qu’elle lui avait presque sauté dessus.

            John, héroïquement avait su résister à ce terrible assaut. Mais résisterait-il encore longtemps ? Car, après tout, il était un homme et les charmes indéniables de Samara ne le laissaient pas de glace…

            Il avait le souvenir de Barbara pour seule arme. Et sa tristesse lui soufflait, tel Satan dans le désert torturant le fils de Dieu, de céder aux avances de ce corps magnifique qui, tous les soirs de fêtes, ondulait sensuellement pour lui au son des djambés. Son corps, le traître, lui soufflait des désirs tels qu’il ne pouvait plus dormir, tiraillé par l’image trop parfaite de cette déesse venue troubler sa solitude d’ascète. 

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