Vanités...

Publié le par CC

CHAPITRE IV

            Les nuits claires et froides du désert ne lui avaient jamais parues aussi longues que depuis ce triste jour où l’aéropostale lui avait apporté la lettre de Paris qui lui annonçait la mort de Barbara. Sa jeunesse avait définitivement disparu. Barbara était l’éternelle petite fille blonde et rieuse, d’abord compagne de jeu, puis la fiancée et enfin l’épouse de John. Tout cela s’était fait naturellement. Ils se connaissaient si bien. Ils étaient comme des frères et sœurs. Elle ne l’avait pourtant pas suivi dans son aventure africaine. Elle avait toujours eu la santé fragile. Maintenant qu’elle était morte, John pensait que rien ne le ferait revenir en Europe.  Il finirait sa vie comme un ermite,  reclus à jamais, tout entier consacré au souvenir de cet amour si grand, à cette passion indépassable qu’avait été pour lui Barbara.  

            Parfois, cependant, lorsqu’il voyait passer une belle africaine, ondoyante, luisante et tellement souriante, des désirs fous le prenaient. Mais jamais il ne cédait. La trace de Barbara était indélébile. Il passait des nuits d’insomniaque, il se tournait et se retournait vainement sur la paillasse spartiate de sa case. Il pleurait ; l’image de Barbara le hantait…

            Quelle serait la femme qui lui ferait oublier cette reine ? 

            Au petit matin John, fatigué, se replongeait dans le travail pour oublier son désespoir.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article